Ce boniment charlatanesque ne produisit pas l’effet que Tire-Lire en attendait. Il n’égaya personne. Mais il y eut un mouvement de curiosité chez les uns, de frayeur chez les autres, quand on vit le rapin s’apprêter à saisir la tête par les cheveux.
Jonville ne riait plus. Cavaroc continuait à maugréer, tout en cherchant à se pousser au premier rang des spectateurs.
Tire-Lire ne remarquait pas qu’il était seul à s’amuser des extravagances qu’il débitait, et il ne demandait qu’à continuer. Évidemment, il se figurait tenir une tête en carton ou en cire, et c’était son excuse.
En voyant S’allonger les mines des invités qui l’écoutaient, il finit pourtant par s’apercevoir qu’il faisait fausse route, et pour clore cette parade intempestive, il reprit en goguenardant de plus belle :
– Approchez, mesdames, approchez ! on peut toucher. En même temps il enlevait la tête par les cheveux et il la posait toute droite sur le plat de sa main gauche.
Des cris d’effroi lui coupèrent la parole, et le vide se fit en un clin d’œil autour du malencontreux orateur…